NOUVELLE | Que savons-nous à propos de l’adaptation dans les deltas du Volta, du Mahânadi, et du Gange-Brahmapoutre-Meghna ?

Cet article a été publié à l'origine sur le site internet de DECCMA. Il a été rédigé par Katharine Vincent, Kulima Integrated Development Solutions (collaboratrice à la recherche de DECCMA).

Les deltas sont considérés comme des points névralgiques des changements climatiques. Les points névralgiques sont des endroits où une forte exposition aux dangers liés au climat coïncide avec un grand nombre de personnes vulnérables – 500 millions de personnes vivent dans des deltas de par le monde.

Bien qu’il existe des évaluations à l’échelle nationale détaillant le spectre des mesures d'adaptations s'utilisant dans des deltas des pays développés, il existe très peu d’évaluations pour les pays en développement, et aucune évaluation pour un delta de rivière de pays en développement. L’Accord de Paris concernant le cadre des Nations Unies sur les changements climatiques nécessite un bilan au niveau mondial des efforts et expériences d’adaptation; chaque pays est aussi tenu d’en rendre compte dans son Plan national d’adaptation.

L’équipe d’adaptation du DECCMA a récemment publié un examen des adaptations observées dans ses trois deltas : le fleuve Volta au Ghana, le fleuve Mahânadi en Inde, et le Gange-Brahmapoutre-Meghna en Inde et au Bangladesh. On a demandé à l’équipe du Bangladesh d’élargir son examen de l’adaptation observée pour inclure la petite partie du pays à l’extérieur du delta, afin de guider l’élaboration de son Plan national d’adaptation.

L’équipe a trouvé 122 mesures d'adaptations documentées à partir d’un examen de publications scientifiques et de la littérature grise. La majorité des mesures d'adaptations publiées (93) proviennent du grand delta du Gange-Brahmapoutre-Meghna; 14 proviennent du Mahânadi, et 15 du Volta.

Près de la moitié des adaptations observées sont agricoles et reflètent la prédominance de cette source de subsistance dans les deltas. Les pratiques liées à la gestion de l’eau (y compris la gestion des ressources hydriques et du risque d’inondation pour la réduction du risque de désastre) comptaient pour environ 30 % des mesures documentées. Ce n’est pas étonnant, puisque l’intrusion d’eau salée, l’érosion des rivières, l’engorgement, le niveau de la mer et les événements extrêmes tels que les cyclones tropicaux et les ondes de tempêtes furent déterminés comme étant les agents principaux des mesures d'adaptations.

Le répertoire indique qui fournit l’adaptation et qui en bénéficie. Les gouvernements sont responsables de plus de la moitié des mesures d'adaptations. Les OGN jouent également un rôle important. La majorité des adaptations sont axées sur le niveau communautaire. Le nombre d’adaptations par personne ainsi que le nombre de personnes en bénéficiant sont plus petits. Il est cependant probable que ce soit attribuable, au moins en partie, aux limites des méthodes qui ne permettent que l’inclusion des adaptations soulignées dans la littérature.

On mentionne très peu les différences entre les sexes dans les mesures d'adaptations, ou le rôle de la migration. DECCMA étudie actuellement ces adaptations par l’intermédiaire d’enquêtes auprès d’hommes et de femmes de plus de 6 000 ménages dans l’ensemble des trois deltas. En plus d’éclairer les dimensions de genre de l’adaptation et la mesure dans laquelle la migration agit à titre d’adaptation (et pour qui), l’enquête de DECCMA renforcera les données empiriques publiées concernant les adaptations observées à l’échelle individuelle.

Lire le document de travail sur les adaptations observées dans les deltas ici.
Consulter le répertoire ici.

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